Proverbes de Raymond
traduit du catalan, préfacé et annoté par Patrick Gifreu

Date de parution : 2016
ISBN : 979-10-91193-09-2
541 pages
25 €


À cheval sur le XIIIe et le XIVe siècle, Ramon Llull émerge comme la figure de proue dans l’histoire de la parémiologie, non seulement par sa vaste production, mais aussi parce qu’il appelle ses propres proverbes Proverbis de Ramon (1296). On peut penser que, ce faisant, Lulle paraphrase Salomon. En tout état de cause, il maîtrise le genre, assuré qu’il est de ses qualités pédagogiques. Il définit le proverbe comme une « brève proposition renfermant une grande sentence ». Il annonce que le livre contient six mille proverbes et ajoute qu’il a eu « le désir d’en faire autant afin de transmettre la doctrine ».
Ne nous y méprenons pas : Lulle tente de définir étroitement le phénomène proverbial parce qu’il lui réserve un traitement inusuel. On le sait, Lulle détourne de leur vraie nature les genres littéraires qu’il aborde. L’hybridation des genres fait que ses productions se situent aux marges de la tradition littéraire romane. Dans ces productions, en effet, il est impossible de trouver trace d’un travail de compilation, de traduction ou d’adaptation de sources, comme c’est le cas pour les textes sapientiaux contemporains.
Les Proverbes de Raymond constituent un florilège encyclopédique de 6000 proverbes environ, divisés en trois grandes parties correspondant à la théologie, à la philosophie naturelle et à la philosophie morale. Lulle parvient à la parfaite adéquation du contenu et de la forme par le moyen d’une structure proportionnée : chaque partie comptant 100 chapitres, chaque chapitre contenant 20 proverbes, ce qui fait 2000 proverbes par partie et 6000 au total.
Dans la grande tradition parémiologique et gnomique médiévale, les Proverbes de Raymond constituent la collection la mieux structurée, la plus étendue et celle qui embrasse un plus grand nombre d’aspects du savoir.

 

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