Le gouvernement de la république
Traduit du catalan par Patrick Gifreu
et présenté par Jean-Pierre Barraqué

Date de parution : 17.07.2012
ISBN : 979-10-91193-00-9
171 pages
20 €


La doctrine politique, économique et sociale de Francesc Eiximenis est originale. En voulant caractériser le pactisme propre à la monarchie catalane, il présente une théorie du pouvoir qui a fait voir en lui l'ancêtre du républicanisme.
Il base son argumentation sur le concept de vertu civique. Élaborée par Thucydide, Aristote et Cicéron jusqu'à Machiavel, cette notion est cruciale dans la philosophie politique moderne, depuis Milton, Locke et les pères de la Constitution américaine. Non pas qu'Eiximenis, moraliste franciscain, se berce d'illusion sur la vertu de l'homme, mais il comprend qu'il est nécessaire de faire confiance au citoyen moyen, honnête et travailleur, pour rendre possible la cité.
Son souci de la vertu civique l'amène à élaborer des normes sévères pour toutes sortes de profiteurs et de parasites, qu'ils soient de basse extraction ou magistrats, notaires et officiers, qui abusent du rôle qui leur a été confié. En effet, aux yeux de l'auteur, le plus grand péché, parce qu'il détruit l'édifice de la communauté, est la corruption des magistrats et des charges publiques
L'identification du travail à la vertu civique est un des traits les plus modernes de cette œuvre. Eiximenis exprime aussi son enthousiasme envers les marchands dans des pages d'une rare qualité littéraire.
Les bons marchands sont à la source du bon état de la cité, et de sa prospérité. Et c'est pourquoi leurs délits et leurs méfaits peuvent avoir des conséquences sociales catastrophiques : spéculations financières, accaparation et spéculation sur les matières premières, inventions causeuses de chômage, etc.
Le pragmatisme, l'ironie, l'humour, mais aussi la clarté dans l'expression littéraire, nous montrent qu'Eiximenis a beaucoup appris à Cambridge et à Oxford, à l'école de ses maîtres franciscains Duns Scot et Roger Bacon. Ceux-ci l'initièrent à la ligne analytique et empiriste qui conduit à la philosophie moderne.
Enfin, notre auteur, tenant le pacte pour origine de tout pouvoir politique, se fait le promoteur du vivre-ensemble harmonieux. Il prône la négociation entre personnes responsables et honnêtes, la liberté en tant que responsabilité dans la sphère publique, la loi et la justice comme sources de souveraineté, la république comme chose commune, la vertu comme pratique politique. 
Voilà quelques apports d'Eiximenis au développement postérieur de la philosophie politique.

>>> Presse :
extrait 1 -

 

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